ECLAT 2025 : le bilan
2025 marque un tournant pour le laboratoire ECLAT. Il clôt son deuxième exercice sur une belle dynamique et entame son troisième cycle. Damien Gratadour, directeur d’ECLAT, et Chiara Ferrari, directrice de SKA France, dressent un bilan résolument positif : collaborations renforcées, projets concrets, et une ambition scientifique sans précédent.
Interview avec Chiara Ferrari, directrice de SKA France, Damien Gratadour, directeur d’ECLAT et Jacques Tissot, responsable communication chez Neovia Innovation
Pour commencer, Damien, comment qualifier l’année 2025 pour le laboratoire ECLAT ?
Damien : 2025, c’est la fin du deuxième exercice qui s’est terminé avec notre superbe événement au Manoir de Kerazan en Bretagne et le début du troisième exercice qui continuera avec le premier semestre 2026. Le troisième exercice c’est vraiment l’exercice de la maturité je crois. Les projets prennent vie. Les équipes se connaissent, elles ont commencé à travailler ensemble et ont envie de développer de nouvelles idées ou de monter de nouveaux projets.
A Kerazan, nous avons testé un nouveau format qui a suscité beaucoup d’enthousiasme, avec un hackathon et une assemblée générale. On a reproduit cela à Meudon en fin d’année. On a découvert que les hackathons permettait de développer considérablement les collaborations, y compris au niveau international avec nos collègues italiens d’INAF, sud-africains de SARAO et même américains avec SETI ou Nvidia. On veut maintenant organiser plus d’événements locaux autour de nos clusters régionaux en Bretagne, à Bordeaux, Nice et Paris.
Donc de nouveaux hackathons pour 2026 ?
Damien : Oui, durant nos deux événements annuels en juin et décembre et, je l’espère, des hacakthons locaux synchronisés entre les clusters, Rennes et Bordeaux en parallèle, par exemple. Il est aussi essentiel de continuer à monter des projets pour financer nos forces vives. On doit consolider certains axes de notre feuille de route, comme le soutien au nœud français SKA Regional Centers (SRC). Il s’agit des infrastructures de calcul que la communauté scientifique va utiliser pour exploiter les données les données du SKAO quand il sera en opération. On veut aussi accentuer l’utilisation de l’apprentissage profond pour le traitement des données. Un autre thème émergent est l’astronomie des transitoires.
A gauche : conférence tout public au Manoir de Kerazan, juin 2025
Dirais-tu que les objectifs fixés pour 2025 ont été atteint ?
Damien : L’objectif général de notre Laboratoire 2.0 est de nourrir la recherche sur les grands défis du numérique pour les observatoires astronomiques. Dans cette optique, les résultats d’ECLAT, ce sont les preuves de la dynamique : les collaborations actives, les financements de projets qui se compte en millions d’euros et les sept thèses lancées en 12 mois. Par exemple, la thèse de Marwan Dalal (Université de Bordeaux) est née des réflexions d’ECLAT et s’intègre au projet ODISSEE (bien qu’externe au financement direct du projet). On crée un écosystème où les projets se nourrissent naturellement. On pourrait mentionner aussi, la thèse de Rémi Cazoulat (CNRS) sur l’accélération des workflows d’imagerie via la modélisation en dataflow. Ma responsabilité est d’être le garant de la feuille de route et de maintenir la dynamique qui réunit ces 15 équipes et 50 personnes.
« On doit consolider certains axes de notre feuille de route, comme le soutien au nœud français SRC. »
Chiara, quels sont les éléments importants à retenir pour 2025 pour SKA France ?
Chiara : Un point fort est la signature du contrat entre SKAO et Eviden pour la fourniture de deux supercalculateurs. Il faut noter aussi l’annonce de l’arrivée prochaine du supercalculateur exascale français Alice Recocque. Et comme l’a dit Damien, nous avons progressé sur la définition de la solution française pour le SRC.
A droite : GPU hacakthon, octobre 2025
« ECLAT est aussi l’endroit où l’on fait la R&D numérique pour le SKAO. »
Comment ECLAT facilite ces avancées ?
Chiara : La raison pour laquelle SKA France a désiré créer ce lab com, c’était d’avoir un espace de discussion structuré entre les différents partenaires et au-delà même. Cet objectif a été atteint parce qu’au travers des hackathons ou des meetings techniques, ECLAT est capable de faire parler entre eux des acteurs de mondes différents : astronomes, industriels et experts du monde numérique.
Pour moi, ECLAT est aussi l’endroit où l’on fait la R&D numérique pour le SKAO. Le laboratoire travaille sur les deux aspects du traitement des données : le SDP (le traitement des données à proximité des antennes) et les SRCs (qui absorberont les données du SDP). En 2025, ECLAT a posé les premières briques sur le SDP. Donc il y a ce travail d’animation et de développement algorithmique qui a été conduit au cours de 2025 et j’ai hâte de voir ce qui sera fait pour 2026.
Un dernier mot ?
Damien : ECLAT c’est avant tout une aventure humaine avec des chercheurs, des chercheuses, des ingénieurs, des doctorants et des doctorantes qui collaborent sur le plan technique. Mais on a aussi le support de plein d’autres personnes qui nous aident à organiser nos événements, à gérer des problèmes logistiques, des problèmes de budget et sans eux, il n’y aurait pas d’ECLAT non plus donc merci à toutes ces personnes qui nous accompagnent et qui font vivre ECLAT autant que les membres des labos !
Chiara : Oui, bravo à ECLAT et merci aux partenaires : le CNRS, l’Inria, l’observatoire de Paris, l’observatoire de la Côte d’Azur et EVIDEN. C’est vraiment beau et important de voir une telle collaboration avancer si bien !


