Du Maroc à Oxford, Marwane Dalal construit des passerelles autour du SKA
Doctorant au sein du laboratoire ECLAT, Marwane Dalal développe un jumeau numérique du SKA à l’interface entre radioastronomie et calcul haute performance. De sa présentation devant l’Académie des sciences au Maroc à la conférence YERAC d’Oxford, son parcours illustre la capacité d’ECLAT à faire émerger de nouvelles collaborations scientifiques et à préparer les outils numériques nécessaires au futur observatoire.
Un parcours entre excellence scientifique et ouverture internationale
Au sein du laboratoire ECLAT, les travaux de Marwane sur le jumeau numérique du SKA associent radioastronomie et calcul haute performance. Doctorant et lauréat du concours général marocain, il a récemment présenté son projet devant l’Académie des sciences au Maroc. Cette démarche s’inscrit dans une volonté plus large de rapprocher les communautés scientifiques et de faire émerger de nouvelles collaborations. « Être doctorant dans le cadre de ce projet multinational me pousse à me connecter aux scientifiques et aux centres de recherche marocains, afin que de potentielles collaborations voient le jour et que le cadre des contributions au SKAO s’étende également à l’Afrique du Nord», explique-t-il. Le Maroc dispose également de compétences en calcul haute performance, notamment avec Toubkal, l’un des plus grands supercalculateurs d’Afrique.
« J’étais en quelque sorte l’ambassadeur d’ECLAT à Yerac avec l’aspect HPC de ma thèse. »
Jocelyne Bell qui qa découvert les pulsars en 1967 et Marwane Dalal à Yerac 2026, Oxford.
Cette dimension internationale s’est également exprimée lors de la conférence YERAC (Young European Radio Astronomers Conference), organisée à Oxford cet été, qui réunissait de jeunes radioastronomes européens. « J’étais en quelque sorte l’ambassadeur d’ECLAT avec l’aspect HPC de ma thèse », résume-t-il. Sa présentation a montré comment les codes sont déployés sur des supercalculateurs pour simuler les grands volumes de données du SKAO.
Le développement du SKAO repose sur des capacités de calcul capables d’accompagner ses ambitions scientifiques. Car si le futur observatoire doit permettre des avancées majeures en radioastronomie, il impose aussi des contraintes inédites en matière de données. Les volumes produits seront tels qu’il ne sera pas possible de tout stocker pour traiter les données plus tard. Une grande partie du traitement devra être réalisée en temps réel. « Avec le SKA, on n’aura pas le temps de stocker toutes les données pour les traiter ensuite à tête reposée », explique Marwane. « Tout doit se faire en temps réel : la génération des données, le traitement numérique, puis l’obtention des images scientifiques finales. »
Simuler le fonctionnement du futur observatoire
Son travail de thèse porte sur le développement d’un jumeau numérique du SKA, une chaîne logicielle qui simule la production et le traitement des données du télescope. Les signaux générés par les antennes sont corrélés pour produire des « visibilités », ensuite transformées en images scientifiques. Pour garantir des performances élevées et une bonne portabilité, Marwane a testé ses codes sur plusieurs architectures, notamment Jean Zay et Dalia, équipée de GPU NVIDIA de dernière génération.
Les cas scientifiques utilisés pour tester cette chaîne sont particulièrement exigeants. Marwane travaille notamment sur des amas protostellaires, des régions où plusieurs étoiles sont en formation et dont les structures complexes rendent l’observation difficile. « Nous utilisons ce cas parce qu’il est très difficile pour le pipeline », indique-t-il. « Cela permet de tester la capacité du simulateur à détecter un objet et à en mesurer la précision. »
« L’objectif ultime du hackathon à venir est de se brancher tous ensemble, de faire un simulateur complet, porté sur GPU, qui fonctionne du début à la fin. »
Un hackathon pour relier les différentes briques
Ces travaux seront au cœur du prochain hackathon ECLAT prévu en octobre. L’objectif sera de connecter les différentes briques développées par les partenaires du laboratoire afin d’avancer vers une chaîne de simulation et de traitement plus complète, portée sur GPU de bout en bout. Marwane y apportera la brique sur laquelle il travaille depuis le début de sa thèse, tandis que d’autres équipes contribueront aux étapes d’imagerie, de déconvolution et d’optimisation. « L’objectif ultime est de se brancher tous ensemble, de faire un simulateur complet, porté sur GPU, qui fonctionne du début à la fin », résume-t-il.
Ce hackathon constituera donc une étape importante pour ECLAT. Il permettra de consolider les développements techniques, de tester leur intégration sur des architectures de calcul avancées, mais aussi de renforcer la dynamique collective entre les partenaires.



