La logistique des données pour la radioastronomie

Faites la connaissance de Mathis Certenais, un jeune doctorant breton à l’IRISA spécialisé dans la logistique des données, qui travaille sur des solutions innovantes pour gérer les flux d’informations dans le contexte de l’exascale. Il nous parle de son parcours, de ses recherches au laboratoire ECLAT et de l’importance de la pluridisciplinarité dans la radioastronomie de demain.

Interview avec Mathis Certenais, doctorant à l’IRISA

Pour commencer, peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?

Je m’appelle Mathis Certenais, j’ai 25 ans. J’ai rejoint l’ESIR, une école d’ingénieurs à Rennes, et en parallèle, j’ai effectué un double diplôme à l’UQAC au Canada pendant un an. Ce programme était axé sur des sujets liés à l’intelligence artificielle, aux objets connectés, au cloud computing et à la programmation sur architectures parallèles. De retour en Bretagne, j’ai travaillé au laboratoire IRISA en tant qu’ingénieur sur des sujets d’intelligence artificielle, notamment les LLM et les RAG. Aujourd’hui, je continue de travailler dans la même équipe en tant que doctorant sur un sujet portant sur les systèmes de systèmes collaboratifs pour la logistique de données scientifiques

Justement, qu’est-ce que la logistique des données et pourquoi est-ce crucial pour la radioastronomie aujourd’hui ?

La logistique des données désigne la gestion des flux d’information générés par les instruments scientifiques et les simulations complexes, elle est essentiel pour le passage à l’échelle dans le contexte de l’Exascale. Auparavant, chaque institution gérait ces flux de manière interne : on collectait les données, on les traitait et on les analysait localement. Cependant, avec les radiotélescopes de nouvelle génération, le volume d’information explose. Il est donc nécessaire de concevoir cette logistique au sein des flux de travaux, mais aussi d’intégrer les techniques d’imagerie sur des machines performantes et de distribuer le traitement de ces flux d’information sur différentes infrastructures. »

Parlons d’Éclat, quel est son objectif ?

L’objectif premier d’ECLAT est de concevoir des systèmes cyber physiques, autrement appelés flux de travaux, pour la radioastronomie de demain et ainsi répondre aux besoins du SKAO. Pour nous, la radioastronomie est un formidable terrain de jeu pour expérimenter nos outils de logistique des données. C’est un peu comme concevoir des outils (râteau, pelle, seau) et le laboratoire ECLAT est notre bac à sable pour construire des choses ensemble et voir si elles tiennent debout.

« La logistique des données désigne la gestion des flux d’information générés par les instruments scientifiques et les simulations complexes »

« La force d’ECLAT, c’est le rassemblement des corps de métier variés »

Comment gères-tu la collaboration avec d’autres disciplines ?

La force d’ECLAT, c’est le rassemblement des corps de métier variés – informaticiens comme moi, astrophysiciens, ingénieurs, chercheurs – pour répondre aux enjeux de la recherche en astrophysique de demain. Nous travaillons main dans la main, en co-développement, pour comprendre leurs sujets et adapter nos outils techniques tout en s’assurant que le produit final, comme une image du ciel, reste cohérent et scientifiquement valide. Cette pluridisciplinarité est clé : il s’agit de sortir de notre zone de confort pour innover ensemble.

ECLAT intègre également des partenaires privés. Est-ce bénéfique ?

Oui, absolument. Au sein d’Éclat, il y a des partenaires publics et privés, mais personnellement, on ne ressent pas de différences. Tout le monde est là pour la science, avec des objectifs personnels mais aussi et surtout des objectifs communs : faire avancer la science et relever les défis de la radioastronomie de demain. Cet écosystème complet est nécessaire pour y parvenir.

Tu es actif au sein du projet Numpex, tu peux nous en dire plus ?

NumPEx, c’est un programme français qui avance sur les sujets informatiques de demain, c’est-à-dire le Numérique pour l’Exascale. Je suis actif au sein de YoungPEx, qui est le rassemblement de tous les jeunes impliqués dans NumPEx, afin de travailler sur des thématiques qui impactent notre génération. Nous travaillons notamment sur les sujets d’empreinte énergétique, comment faire de la recherche de manière écoresponsable, et la pluridisciplinarité dans le contexte de la recherche scientifique.

Le doctorat, une aventure à recommander ?

Un doctorat, c’est avant tout un choix de vie. Il faut une certaine autonomie car nous décidons de notre quotidien, et bien sûr, être un minimum passionné par son sujet. Ce que je trouve incroyable, c’est le côté humain et l’échange de connaissances. Travailler avec des spécialistes d’horizons aussi différents que les astrophysiciens est une opportunité unique d’apprendre sur des sujets très spécialisés.

« Ce que je trouve incroyable, c’est le côté humain et l’échange de connaissances »

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